Le jeu d'échec au Moyen Age central

Publié le par Bertrand de Marseivilla

Apparu au nord de l'inde vers l'an 600, le jeu d'échecs s'est diffusé en Europe notamment via le contact arabo-musulmans/européens en Espagne. C'est un classique des jeux pratiqués au Moyen Age, mais celui que nous connaissons de nos jours est le fruit d'une longue évolution. Le nom latin du jeu d'échecs est scaci ou ludus scacorum, esches en ancien français. Le jeu médiéval est très différent du notre.

Les noms des pièces sont différents au Moyen Age. Tout d'abord parce que le français a évolué, deuxièmement parce que les concepts auxquels renvoyaient les pièces dans les versions indiennes persanes et arabes étaient différents (la dame était une tente ou un vizir, la tour un char, le fou un éléphant ...). Certains changent peu : Le roi se nommait le roy, le cavalier le chevalier, et le pion est appelé paon. D’autre au contraire change radicalement : La dame est dénommée  la vierge, la tour s'appelle le roc, et le fou est nommé l'aufin ou alphin.

Avant la fin du XVème siècle, le mouvement des pièces est bien différent de celui que nous connaissons. La vierge ne se déplace que d'une case en diagonale ce qui la rend bien plus faible que la toute puissante reine actuelle. L'aufin (fou) ne peut pas se déplacer de plus de deux cases en diagonale et peut sauter les autres pièces. Les pions quant à eux ne peuvent pas se déplacer de deux cases lors de leur premier mouvement.
Toutes les modifications qui ont mené à notre jeu moderne sont effectives dès le milieu du XVIIème siècle. Les subtilité telle le mouvement accru des pions au premier mouvement, la prise en passant ou le roque sont encore plus tardifs.

L’apparence des pièces varie aussi considérablement d'un siècle à l'autre. Les camps qui s'affrontent, sont rouge et blanc au Moyen Age. En effet les jeux orientaux voyaient s'affronter des noirs et des rouges, mais la symbolique des couleurs ne convenait pas à l'idéologie et à la symbolique chrétienne, qui remplaça d'abord les noirs par des blancs.
L’auphin était représenté par un évêque, le chevalier était constitué du cheval et de son cavalier, la tour elle, passe du char au soldat d’élite avant de prendre sa forme actuelle.

Enfin les parties ont une physionomie très différente des nôtres. Etant donné l'insignifiance de la dame qui n’est pas la pièce surpuissante que l’on connaît aujourd’hui,  et la faiblesse des fous dont l’aire d’effet nous paraît ridicule, les pions sont des pièces capitales qui bloquent les mouvements et les attaques. Du fait de ces faiblesses de pièces aujourd’hui très rapide, la durée des parties est considérablement accrue. La tour conserve toutefois son rôle de pièce très puissante et permet souvent de conclure les parties.

La Variante à quatre joueurs : Cette manière de jouer est présentée dans le Livres des jeux d’Alphonse X durant la seconde moitié du XIIIème siècle. Il n’est pas nécessaire de posséder 2 jeux d’échecs pour y jouer, Les dames feront simplement office de roi. Les pièces sont placées comme suit.

F C T R       P F
P P P P     P C
            P T
             P R
R P            
T P            
C P     P P P P
F P     R T C F
Chacun son tour, les joueurs lancent 2 dés. Ils en choisissent un et déplacent la pièce correspondante. S’ils obtiennent un double, ils déplacent la pièce indiquée de n’importe quel nombre de cases. Si la pièce indiquée n’est plus en jeu ou ne peut pas bouger, le joueur passe son tour.
On déplace un pion ou le roi sur 1 ou 5, la tour sur 2, le cavalier sur 3 et le fou sur 4 ou 6.

Les pièces du jeu dit de Charlemagne, auquel charlemagne ne peut pas avoir touché puisqu'il date de la fin du XIème siècle :


Les pièces du jeu de Lewis, fin XIIème siècle :

Pour en savoir plus :

http://www.iechecs.com/origine.htm#periode2
http://history.chess.free.fr
et merci à la federation française des Echecs qui m'a donné un bonne partie de ces informations. http://www.echecs.asso.fr/(aw205s554qzpzmrbfpanas45)/Default.aspx

Colleen Schafroth, L'art des Echecs, la Martinière, 2002
A. Capece, Le grand livre de l'histoire des échecs, de Vecchi, 2001
Pascal Reysset, Jean-Louis Cazaux, L'univers des Echecs, Bornemann, 2000
H.J.R. Murray, A History of Chess , 1913

Publié dans Vie culturelle

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