Les armoiries des compagnons

Publié le par Godefroy de Nancey

Pour clore la serie d'article sur notre blason, voici l'analyse de Godefroy de Nancey, notre héraut d'armes.

Oyez, oyez, bonnes gens ! A tous et à chacun , salut !

Je, Godefroy de Nancey, héraut d'armes des compagnons de Valérien, proclame les armoiries de nos compagnons, dont il convient de les blasonner de suivante manière :

De gueules au chevron versé d'argent, au chef d'or chargé d'une lyre, d'un maillet et d'un roc d'échiquier du premier.

Comme toutes les armoiries, véritables identifiants d'une communauté (famille, collectivité...), nos armes sont chargées de signification. Attention, les armoiries médiévales ne sont pas empreintes de symbolisme plus ou moins crypté, ni d'aucun ésotérisme, comme d'aucuns ont pu le colporter. C'est beaucoup plus simple que cela ; il s'agit tout simplement d'un emblème dans lequel on peut se reconnaître.

En l'occurrence, c'est en premier lieu le chevron versé. Comme souvent, l'homme médiéval aime jouer sur le rappel visuel, les associations d'idées. Par sa forme, le chevron versé rappelle la lettre V, initiale du personnage éponyme de notre compagnie, Valérien. Pour ceux qui les connaissent, les armes de la ville de Toul jouent de la même façon sur la parenté formelle entre une pièce, le tau, et la lettre T, initiale de Toul.

Les trois meubles, sis en chef de l'écu, rappellent trois des principales activités de notre compagnie : au centre, l'artisanat est représenté par un maillet, un des outils les plus répandus à travers tous les corps de métiers artisanaux. Certains précisent, pour ce meuble héraldique : "maillet de tonnelier". Mais la taverne de notre ami Guilbert n'est pas seule concernée par ce symbole. Sans doute est-ce, au départ, cet outil précis qui a voulu être représenté en héraldique, mais il a servi ensuite de base stylistique à la représentation d'un maillet-type, recouvrant une plus large extension. Il pourra aussi nous rappeler les joies du montage et du démontage de nos auvents ! Cet outil est ici encadré par deux autres meubles : une lyre, instrument qui, de l'Antiquité à nos jours, a toujours été le symbole de la musique ; et un roc d'échiquier, représentant les jeux de plateau, que nous présentons incontournablement au public lors des fêtes. Les spécialistes pensent que ce roc héraldique est constitué de la fusion de plusieurs des principales pièces du jeu d'échec, en particulier le cavalier et le roc (voir l'article sur le jeu d'échec). Ce meuble ne symboliserait donc pas une pièce d'échecs en particulier, mais bien plutôt le jeu d'échec en général, le roi des jeux.

Quant aux émaux de l'écu, ils reprennent ceux du duché de Lorraine : or, gueules et argent. C'est ce qu'on appelle des "armes politiques", phénomène courant, surtout au XIIIe siècle, qui consiste à reprendre un élément, généralement les émaux, d'une faction politique, d'un seigneur auquel on est affilié, d'un grand seigneur pour lequel on est sympathisant, etc. Mais les émaux peuvent également recouvrir une signification particulière. Ainsi, l'or représente la richesse (ce peut être au sens figuré, car je ne sais pas si, autrement, notre trésorier sera d'accord), le blanc la pureté (sauf après s'être abreuvé des nectars de notre tavernier), et le gueules (rouge), couleur de la chevalerie, la vaillance, le courage (et, pour faire plaisir à Guilbert, la couleur de l'hypocras).

Bref, cet écu, c'est nous tous qu'il représente.

Longue vie à nos armes !

Publié dans Vie de l'association

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GUILBERT 07/11/2006 01:01

bien cet article, ça me donne envie d'avoir envie ...
cul sec !

GUILBERT 25/10/2006 18:57

Trop long cet article ! j'ai fini deux bouteille d'hypocras au bout de la troisième phrases. C'est qu'il fait mal à la tête ton article JONATHAN.