Le portail roman de l'église de Pompierre (88300)

Publié le par Bertrand de Marseivilla

L'entrée occidentale de l'eglise paroissiale de Pompierre (88300) est constituée d'un portail roman daté du dernier quart du XIIe siècle. Pourtant cette eglise date du XIXe siècle. Il est d'ailleurs probable, grace à un dessin que l'on peut trouver à la bibliothèque nationale, que le portail fut d'abord encastré dans la face nord, mais le transfert fut réalisé avec très grand soin.

Il fut construit en grès jaunatre de la vallée du Mouzon et mesure 4,50m de large, 5,50 m de haut et 1m de profondeur.

L'ébrasement présente trois ressauts qui se continuent dans l'archivolte, et trois colonnes pleines de chaque coté. La colonne médiane est lisse et ronde, et la colonne interieure est octogonale ornée de feuillage ou de rinceaux. La colonne exterieure sert de colonne d'angle, et est décorée de tresses tout comme les sur les colones d'angles des piedroits de la porte dont les bases sont à figures (un lion et une lionne). Les deux colonnes médianes possèdent des bases attiques pourvue de griffes.

L'ébrasement est couronné à l'extérieur par un arc décoré d'un zigzag saillant dont les claveaux appareillés en gradins se raccordent aux assises du parement. Les trois voussures sont séparées les unes des autres par une bande sans décor et une autre portant des motifs végétaux : à l'intérieur des palmettes, au milieu un ornement floral et à l'exterieur des feuilles en disposition radiale. A l'exterieur la voussure est en doucine, tandis que les deux de l'interieur sont en quart de cercle.

Le linteau repose sur deux consoles figurant deux hommes nus accroupis. Celui de gauche fut refait au XIXe siècle.Il est encadré de rinceaux remplis de pétales et de grappes de raisin. La même frise borde l'extados de tympan. Le linteau est orné d'un sculpture figurant l'entrée de Jésus à Jérusalem. Il est assis sur une anesse suivit d'un petit ane. Quatre apotres dont saint Pierre le suivent. A l'avant de l'anesse des enfants étendent des branches de palmiers sur la route.Devant les murs de la ville, des personnages attendent le cortège, deux d'entre eux se trouvent dans un arbre. La ville est figurée sous la forme d'un mur avec deux portes d'entrée. Entre la frise et la ville, une femme portant un enfant qui pose la main sur son sein pourrait représenter une vierge à l'enfant, bien que d'autres explications soient valables. Entre la frise et l'arc, de chaque coté, on peut apercevoir une tour soit crenellée à droite, soit à toit conique à gauche.
Le tympan est subdivisé par des arcatures dont les fûts sont couverts de feuillages ou jumelés. Les écoinçons des arcs sont occupés par un décor de feuillage et bordés d'une bande ornée de pointe de diamants. Les trois arcades centrales portent des statues des rois mages, alors que la gauche figure un ange annonçant la venue du Christ aux bergers et la droite une Mère de Dieu portant l'Enfant. Entre l'arcature et l'arc, on distingue, à droite, la fuite de la Sainte famille, à gauche le massacre des Innocents par Hérode, et entre les deux, deux femmes (Marie et Elisabeth?) et deux figures masculines qui ne sont pas clairement identifiées. 

L'éxecution du portail est de qualité inégale. Les décors floraux, les colonnes, les chapiteaux et les impostes prouvent la grande maitrise des sculpteurs alors que les figures sont souvent mal proportionées.

La datation d'après les personnages est difficile, mais les décors végétaux sont typique de la lorraine du dernier quart du XIIe siècle, et sont semblables à ceux de la niche prévue pour le siège de l'évêque de Verdun et au portail nord est de la cathedrale de la même ville, executé vers 1160.

Des clichés de meilleure qualité et plus détaillés sont disponibles dans l'album photo architecture pour ceux qui voudraient s'en inspirer en vu de créer ou améliorer leurs costumes.

D'après Hans Gunter Marschall et Reiner Slotta dans Lorraine romane 
Clichés : Bertrand Guérin

Publié dans Architecture

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