Les croisades au Moyen Age, 1180-1220

Publié le par Boemont

A l'époque où les Compagnons de Valérien sillonnent les routes et chemins de l'Occident chrétien, se poursuit en Orient la grande aventure des croisades commencée un siècle plus tôt et concrétisée par la prise de Jérusalem en 1099 et la création d'états francs en Terre Sainte. Cependant en cette fin de XIIème siècle la situation des possessions latines s'est singulièrement dégradée : il faut en effet faire face à la menace de Saladin qui a unifié sous son autorité l'Egypte et la Syrie. Le puissant chef musulman semble résolu à rejeter à la mer les croisés et n'est pas loin d'y réussir. (Ici oubliez les raccourcis douteux du film Kingdom of Heaven)  Baudoin IV, le roi lépreux de Jérusalem, a bien opposé aux Musulmans une résistance efficace et héroïque, mais à sa mort les divisions du camp chrétien et l'incompétence de Guy de Lusignan, l’époux de Sibylle la sœur de Baudoin, qui est mal conseillé par le Grand maître de l’ordre du Temple Gérard de Riderfort, ont abouti au désastre de la bataille des Cornes de Hattîn!! La  chevalerie de Terre Sainte est anéantie et Jérusalem tombe aux mains des musulmans. La fin des états latins en Orient semble bien proche.

 

Toutefois la nouvelle de la défaite et de ses conséquences provoque en Occident un sursaut de l'esprit de croisade ! ! ! Bernard de Clairvaux, le grand penseur et orateur de ce temps, prêche à Vézelay pour que la noblesse chrétienne se rende en Terre Sainte reprendre Jérusalem. De fait l'empereur Frédéric Barberousse et les rois de France et d'Angleterre Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion prennent la croix et c'est toute une foule de chevaliers qui effectue le pèlerinage armé et permet de stabiliser la situation, même si la croisade allemande, forte de près de cent mille hommes se disperse après la mort par noyade de Frédéric Barberousse en Asie Mineure. Quant à l'entente entre les rois de France et d'Angleterre elle n'est guère cordiale et n'aide pas à l'efficacité de leurs actions.

 

Philippe Auguste se désintéresse bien vite de l’expédition et moins d’un an après son arrivée se rembarque pour la France fin 1191.

 

De son côté Richard mène la lutte et participe à la reprise de Saint-Jean d’Acre, bat les musulmans à Arsuf mais renonce à marcher sur Jérusalem et négocie avec Saladin le libre accès aux Lieux Saints pour les pèlerins. Et lorsqu’enfin il regagne l’Occident il a le tort de passer sur les terres de Léopold, duc d’Autriche, avec lequel il s’est fâché pendant la croisade, qui le capture, le livre à l’empereur Henri VI. Sa mère Aliénor d’Aquitaine verse une très forte rançon et il est enfin libéré en l’année 1194. Il reprend alors le trône d’Angleterre à son frère Jean sans Terre et rétablit la situation face au roi de France qu’il écrase à Fréteval.

 

Plus tard, en l’an 1198, le pape Innocent III lance un nouvel appel à la croisade et sous son impulsion s’organise une expédition qui rassemble un assez grand nombre de barons français. Cependant des engagements ont été pris avec Venise pour le transport des troupes et des problèmes d’argent vont amener les chefs de la croisade à accepter de modifier leur route pour venir prendre Zara en Dalmatie. Puis conduits par le doge Enrico Dandolo, sous le prétexte de régler une querelle de succession, ils arrivent devant Constantinople qu’ils prennent d’assaut et pillent le 13 avril 1204. S’en est fait de cette croisade, les Latins se taillent des principautés dans l’empire byzantin et Baudoin de Flandres devient empereur le 9 mai.

 

 Enfin en  1212 autour de Cologne et au nord de la France se forme ce que l’on appelle la croisade des enfants, des bandes qui se livrent au pillage et descendent vers la Méditerranée. Ceux qui arrivent à Marseille sont vendus comme esclaves, les autres sont refoulés et se dispersent.

 

 Quoiqu’il arrive, avec ces deux lamentables échecs l’esprit de croisade a subit un sérieux coup. Les Etats latins en Terre Sainte sont réduits à presque rien et malgré quelques sursauts de l‘esprit de croisade ils disparaîtront avec la chute de Saint-Jean d’Acre en 1291.

Publié dans Contexte historique

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jean - louis 30/01/2007 13:35

c' est de la merde ton blog a la con