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Mardi 8 août 2006 2 08 /08 /Août /2006 13:11

On sait peu de chose sur "notre premier romancier national", mais Claude-Alain Chevallier propose une histoire possible de sa vie à partir de rares documents d'archives et d'allusions que l'on trouve dans son oeuvre. Chrétien serait né en Champagne aux alentours de 1135 et serait mort en 1183.  Il serait aparenté à la famille royale d'angleterre ou des comtes de Blois et de Champagne et aurait suivi des études classiques. il faisait parti des clercs tonsurés, sans pour autant être prêtre.
En 1154 il se rend en angleterre pour une douzaine d'années à la suite de Henri de Blois (qui était peut-être son oncle) et qui était évêque de Winchester depuis 1129. De son séjour en angleterre il gardera une forte impregnation de la "matière de Bretagne" et des légendes celtiques centrées sur la roi Arthur. Ses romans reflètent ses souvenirs de ce voyage (Winchester et Walligford dans Cligèsdont la description ne laisse pas de doute quand au fait que Chretien les ai vu, la charette dans Lancelot qui est une tradition anglo saxonne, le couronnement d'Erec et Enide qui ressemble au couronement d'Henri II et d'Aliénor...).
En 1166, il fréquente la cour d'Aliénor d'Aquitaine séparée d'Henri II à Poitiers, qui est le centre du rayonnement des arts courtois.
En 1172, il est chanoine de l'église collégiale de St Maclou à Bar-sur-Aube.
En 1173, il passe au service de Marie de Champagne dont la cour opposée au roi de France est un centre d'arts courtois elle aussi. Dans le même temps, il est nommé chanoine de St Loup aux alentours de Provins.
Il dédit, au début des années 1180, son Perceval à Philippe d'Alsace, comte de Flandres quasi régent auprès de Philippe Auguste qu'il aurait connu à la cour de Marie de Champagne, veuve depuis peu.

Auteur de Erec et Enide (1170), Cliges ou la fausse morte (1176), Le chevalier à la charrette (1178-1181), Le chevalier au lion (1178-1181) et Le conte du Graal (1182-1190), il écrit aussi des chansons en langue d'oïl et un récit ovidien, Philomena. Son Du roi Marc et de Yseult la blonde écrit vers 1166-1169 est aujourd'hui perdu.

 

L'interet que présente Chretien pour une troupe de reconstitution, et c'est le cas pour nombre de romanciers médiévaux toutes époques confondues, c'est qu'en plus de nous renseigner sur l'histoire des moeurs et des mentalités,  il évoque souvent des aspects de la vie matérielle. Bien que des illustrations soient nécessaires pour éclairer son propos, pour la forme des habits par exemple, et que ses affirmations ne constituent pas des preuves scientifiques de l'existence des objets décrits, il est mal avisé de les écarter.

Pour en savoir plus : Les 5 romans précités existent en livres de poche ou en version bilingue, souvent avec des préfaces et postfaces commentées.

Par Bertrand de Marseivilla - Publié dans : Biographie - Communauté : Le Moyen Age
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /Juil /2006 10:23

Le village d'Aureil-Maison possède une chapelle dont la construction est contemporaine de la période des compagnons de Valérien. Nous ne parlons pas ici d'autres pièces très interessantes que contient la chapelle comme une vierge à l'enfant du XVIème siècle, une mater dolorosa du XVème et une stèle funéraire du XIVème, car elle ne concerne pas notre époque.

Aureil-Maison se situe dans le sud du département des Vosges. Le nom de la ville serait d'origine gallo-romaine, "Aurelii mansio" désignant la manse d'Aurelius. Preuve en est la présence d'une villa gallo-romaine.

La chapelle est située sur un éperon barré au milieu d'une enceinte de terre. Elle date de la fin du XIIème siècle et remplace un sanctuaire plus ancien cité en 1044 dans la charte de fondation de Brunon de Dabo evêque de Toul futur Pape Léon IX. La donation est confirmée en 1188 par l'evêque de Toul Pierre de Brixey et par le Pape Celestin III en 1195. Après avoir été mentionnée sous le nom d'ecclesia elle est appelée capella. C'était une annexe de l'eglise de Villotte deservie par un vicaire.

L'abside qui était primitivement aveugle est voutée en cul de four et entouré de cinq arcatures en plein-cintre surmontées d'une corniche de billettes reposant sur des colones à chapiteau sculptés de volutes et de palmettes. Seul deux d'entre eux sont anciens. L'autel qui est contemporain du choeur est composé d'une dalle de pierre sur un socle central.


Le choeur est vouté en croisée d'ogives. Celles ci se perdent en s'amincissant entre doubleaux et formerets. Les doubleaux retombent sur des piliers rectangulaires. Le mur porte cinq croix de consécration gravées au trait et peintes.
La nef aujourd'hui  plafonnée en lambris à été construite en blocage alors que contre le mur du choeur deux piloastres et débuts d'arcatures laissent penser que l'on avait prévu de construire des bas cotés.
Le porche simple possède des archivoltes appuyées sur des chapiteaux ornés de feuilles lancéolées (à crochet). Aux angles apparaissent des chapiteaux. Celui de droite figure deux têtes de beliers alors que celui de gauche figure une tête de loup. Ils proviendraient, selon le chanoine Albiser, d'un ancien sanctuaire celtique. On peut apercevoir au coin de la sacristie et de l'abside une dernière croix de consécration.

Au dessus de l'autel se trouve une statue reliquaire de vierge à l'enfant en chêne autrefois polychrome, datant de la fin du XIIème ou du début du XIII ème siècle .

D'après Evelyne Relion et Bruno Dieuleveult dans le prospectus disponible à la chapelle d'Aureil-Maison. Photographies Bertrand Guérin.

Pour en savoir plus :

La Marche, Dr. GERMAIN, le sapin d'or, 1981.

Guide illustré de la plaine des Vosges T.III, chanoine ALBISTER, 1979.

Par Bertrand de Marseivilla - Publié dans : Architecture - Communauté : Vieilles Pierres
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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /Juil /2006 19:07

Les compagnons de Valérien participerons à la fête de la Sainte Ingrid le 2 septembre 2006 à Saint Cyr de Valorges dans la Loire. Nous serons en compagnie de Fol farandole, les babskas, Martine Bataille, Jean Grange equitation, les 7 diamants et les polyphonies du Forez.

Pour de plus amples information, cliquez sur l'image!

Venez nombreux!

Par Bertrand de Marseivilla - Publié dans : Dates
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 17:06

A l'époque où les Compagnons de Valérien sillonnent les routes et chemins de l'Occident chrétien, se poursuit en Orient la grande aventure des croisades commencée un siècle plus tôt et concrétisée par la prise de Jérusalem en 1099 et la création d'états francs en Terre Sainte. Cependant en cette fin de XIIème siècle la situation des possessions latines s'est singulièrement dégradée : il faut en effet faire face à la menace de Saladin qui a unifié sous son autorité l'Egypte et la Syrie. Le puissant chef musulman semble résolu à rejeter à la mer les croisés et n'est pas loin d'y réussir. (Ici oubliez les raccourcis douteux du film Kingdom of Heaven)  Baudoin IV, le roi lépreux de Jérusalem, a bien opposé aux Musulmans une résistance efficace et héroïque, mais à sa mort les divisions du camp chrétien et l'incompétence de Guy de Lusignan, l’époux de Sibylle la sœur de Baudoin, qui est mal conseillé par le Grand maître de l’ordre du Temple Gérard de Riderfort, ont abouti au désastre de la bataille des Cornes de Hattîn!! La  chevalerie de Terre Sainte est anéantie et Jérusalem tombe aux mains des musulmans. La fin des états latins en Orient semble bien proche.

 

Toutefois la nouvelle de la défaite et de ses conséquences provoque en Occident un sursaut de l'esprit de croisade ! ! ! Bernard de Clairvaux, le grand penseur et orateur de ce temps, prêche à Vézelay pour que la noblesse chrétienne se rende en Terre Sainte reprendre Jérusalem. De fait l'empereur Frédéric Barberousse et les rois de France et d'Angleterre Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion prennent la croix et c'est toute une foule de chevaliers qui effectue le pèlerinage armé et permet de stabiliser la situation, même si la croisade allemande, forte de près de cent mille hommes se disperse après la mort par noyade de Frédéric Barberousse en Asie Mineure. Quant à l'entente entre les rois de France et d'Angleterre elle n'est guère cordiale et n'aide pas à l'efficacité de leurs actions.

 

Philippe Auguste se désintéresse bien vite de l’expédition et moins d’un an après son arrivée se rembarque pour la France fin 1191.

 

De son côté Richard mène la lutte et participe à la reprise de Saint-Jean d’Acre, bat les musulmans à Arsuf mais renonce à marcher sur Jérusalem et négocie avec Saladin le libre accès aux Lieux Saints pour les pèlerins. Et lorsqu’enfin il regagne l’Occident il a le tort de passer sur les terres de Léopold, duc d’Autriche, avec lequel il s’est fâché pendant la croisade, qui le capture, le livre à l’empereur Henri VI. Sa mère Aliénor d’Aquitaine verse une très forte rançon et il est enfin libéré en l’année 1194. Il reprend alors le trône d’Angleterre à son frère Jean sans Terre et rétablit la situation face au roi de France qu’il écrase à Fréteval.

 

Plus tard, en l’an 1198, le pape Innocent III lance un nouvel appel à la croisade et sous son impulsion s’organise une expédition qui rassemble un assez grand nombre de barons français. Cependant des engagements ont été pris avec Venise pour le transport des troupes et des problèmes d’argent vont amener les chefs de la croisade à accepter de modifier leur route pour venir prendre Zara en Dalmatie. Puis conduits par le doge Enrico Dandolo, sous le prétexte de régler une querelle de succession, ils arrivent devant Constantinople qu’ils prennent d’assaut et pillent le 13 avril 1204. S’en est fait de cette croisade, les Latins se taillent des principautés dans l’empire byzantin et Baudoin de Flandres devient empereur le 9 mai.

 

 Enfin en  1212 autour de Cologne et au nord de la France se forme ce que l’on appelle la croisade des enfants, des bandes qui se livrent au pillage et descendent vers la Méditerranée. Ceux qui arrivent à Marseille sont vendus comme esclaves, les autres sont refoulés et se dispersent.

 

 Quoiqu’il arrive, avec ces deux lamentables échecs l’esprit de croisade a subit un sérieux coup. Les Etats latins en Terre Sainte sont réduits à presque rien et malgré quelques sursauts de l‘esprit de croisade ils disparaîtront avec la chute de Saint-Jean d’Acre en 1291.

Par Boemont - Publié dans : Contexte historique - Communauté : Histoire Géographie
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 11:14

Considérée tout à la fois comme un art et une science, l'héraldique est sans doute le système emblématique le plus original qui ait jamais existé. Ce système, en effet, hérité d'éléments de figuration et de composition simples, repose sur une codification et des règles strictes qui lui confèrent un pouvoir évocateur, symbolique et d'identification à la portée forte, incisive et quasi universelle. Aujourd'hui encore, l'héraldique est l'un des meilleurs types d'emblématique permettant à certains groupes de s'identifier comme tels : il s'agit en premier lieu de l'« écusson » des communes, des régions et même de certains clubs sportifs. Le pouvoir de l'héraldique est toujours aussi fort dans ces cas, succès jamais démenti qui peut surprendre : comment une emblématique, propre à une autre époque révolue, vieille de plus de neuf siècles, peut encore garder un pouvoir symbolique aussi fort? Cette longévité est exceptionnelle. Mais ce que propose cet article, c'est bien un retour aux sources d'emblèmes qui, dès le Moyen Âge, se sont montrés omniprésents dans la vie quotidienne et l'esprit des gens de l'époque, quelle que soit leur condition ; à l'époque où la carte d'identité n'existait pas, c'est aux armoiries que l'on reconnaissait un personnage, ou la propriété sur certains objets, et c'est aux armoiries encore que l'on identifiait et que s'identifiaient un groupe de personnes marchant sous la même bannière ou vivant sur la même seigneurie. Enfin, c'est à travers les armoiries toujours que l'on reconnaissait amis et ennemis, et que l'on s'identifiait ou non à un parti. Au XIIIe siècle, par exemple, lors de la querelle des investitures qui déchira partisans du pape et partisans de l'empereur, ces derniers se reconnaissaient dans l'aigle des gibelins alors que les premiers arboraient le lion des guelfes. Ainsi, le comte de Bourgogne (= Franche-Comté) Otton IV alla jusqu'à changer ses armoiries à l'aigle pour des armes au lion lorsqu'il passa au parti des guelfes. Pour finir, signalons enfin que dans les armoiries se reconnaissent les membres, même éloignés, d'une même famille, et qu'est cultivé ainsi parfois un mythe fondateur à l'origine de certains lignages, comme la famille de Montmorency qui arbora, dit-on, douze aiglettes en plus des quatre qu'elle possédait déjà sur son blason, en souvenir de douze bannières que l'ancêtre aurait prises sur l'ennemi lors de la bataille de Bouvine, en 1214.

 

Les origines de l'héraldique

  De nombreuses élucubrations ont prévalu jusqu'au XXe siècle, et ce dès le Moyen Âge parfois, pour expliquer ces origines, depuis les emblèmes que les Grecs de l'Antiquité faisaient figurer sur leurs boucliers jusqu'aux animaux schématisés figurés sur les étoffes des Sarrasins et que les chevaliers auraient rapportées des Croisades... Tout ceci a été battu en brèche aujourd'hui grâce aux travaux d'éminents spécialistes tels que Donald Lindsey GALBREATH ou Michel PASTOUREAU. Bien qu'encore mal connue aujourd'hui, l'emblématique embryonnaire du haut Moyen Âge semble être, du moins dans certaines régions, notamment germaniques, à l'origine de l'héraldique. Nous savons aujourd'hui avec certitude que cette dernière est née au début du XIIe siècle, et qu'elle est le fruit de l'évolution de l'équipement militaire entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle. En effet, c'est à cette époque que les chevaliers commencent à se couvrir progressivement tout le corps par leur cotte de mailles et leur écu allongé. L'élément militaire décisif fut le heaume, devenu complètement cylindrique vers 1210-1220, et qui, couvrant tout le visage, rendait méconnaissable les combattants. Comment, désormais, reconnaître les amis des ennemis ? On voit mal les combattants demander gentiment à leur voisin de bien vouloir montrer leur joli minois, afin de savoir s'il fallait les trucider ou leur donner un coup de main.
Pour résoudre le problème, les combattants ont décidé d'utiliser les motifs qu'ils peignaient déjà sur leurs boucliers. Peu à peu, ces motifs se sont stabilisés ; en effet, un même individu changeait auparavant régulièrement la décoration de son écu, comme on peut le voir sur la tapisserie de Bayeux : la même personne a rarement deux fois le même écu. De plus, les motifs étant question de goût et de mode, on pouvait retrouver le même sur l'écu de deux combattants différents, parfois dans deux camps opposés ! L'héraldique est apparu et a fixé les choses. Progressivement, les emblèmes figurés deviennent uniques et personnels. Chaque personne possède désormais des armoiries qu'il conserve toute sa vie, et personne ne peut s'attribuer les mêmes. Le processus et achevé lorsque ces armoiries deviennent héréditaires. En réalité, dans la pratique, on constate en étudiant les sceaux que les bannières et gonfanons ont été armoriées avant les écus : dès les années 1120-1130 pour les premières, à partir de 1140-1160 pour les derniers. Avant le processus décrit plus haut, on a donc déjà cherché à s'identifier par groupe, en arborant à la bataille une pièce de tissu peinte ou cousue, la plupart du temps, de motifs géométriques. Ainsi donc, l'héraldique s'est constituée à partir de ces deux apports : motifs géométriques pour les bannières, motifs dits « naturalistes » (animaux et végétaux) pour les écus, lesquels apports ont bientôt fusionné en un seul système. Il existe enfin un troisième et dernier apport à l'héraldique : celui des sceaux. Ces derniers contribueront, nous en reparlerons plus loin, à la diffusion de l'héraldique, et ce  jusque chez les non-combattants mêmes, et permettront entre le milieu du XIIIe siècle et la fin du Moyen Âge l'éclosion ce que l'on appelle les « ornements extérieurs de l'écu » (figures, généralement animales, qui tiennent l'écu de part et d'autre, et heaumes et couronnes qui « timbrent » l'écu).

            Le processus d'élaboration des armoiries s?est donc fait sur trois quarts de siècle : tout d?abord, entre 1100 et 1140 environ, l?emblématique proto-héraldique évolue vers des emblèmes individuels et permanents, puis, de 1140 à 1180 environ, ils se transforment en signes emblématiques héréditaires avec des règles. Socio-juridiquement parlant, deux catégories sont à dissocier à l'origine : les signes collectifs, de fief (issus des bannières), et les signes personnels et familiaux (issus des écus).

    

L'extension sociale de l'héraldique

      Plus encore que par le biais des combats, les armoiries se sont généralisées dans le monde des combattants à travers les tournois, qui apparaissent entre Loire et Meuse dès la seconde moitié du XIIe siècle, puis connaissent une expansion grandissante. A quelque chose près, le processus d'adoption d'armoiries est partout le même, avec parfois quelques décalages de dates seulement. C'est toutefois plus visible entre Loire et Meuse où les premiers à porter des armoiries sont, après les dynastes et grands feudataires, les chevaliers bannerets (v. 1160-1200), puis les simples chevaliers (v. 1180-1220), les petits nobles non chevaliers (v. 1220-1260), et enfin les simples milites et écuyers (au milieu du XIIIe siècle). Jusque dans les années 1220-1230, on peut noter deux choses. La première, c?est que les grands personnages portent souvent plusieurs armoiries : des armoiries familiales issues des emblèmes proto-héraldiques familiaux, et des armoiries de fief issues des bannières. Au début, il y a coexistence de ces deux types d?armoiries, puis ces grands personnages font un choix, souvent, d'ailleurs, au profit d'armes nouvelles. La seconde enfin, c'est que les vassaux n'ont pas d'armes propres avant le XIIIe siècle et usent avant cette date des armes de leur seigneur quand il s'agit d'armes de fief.
Petit à petit, le succès acquis par l'héraldique et la généralisation de l'usage du sceau font que les non combattants se dotent progressivement, eux aussi, d'armoiries. L'extension de l'usage des armoiries à l'ensemble de la société se fait progressivement ; elle s'étend sur un siècle, entre 1220 et 1330 environ. Les femmes peuvent avoir des armoiries dès la seconde moitié du XIIe siècle, mais cela reste rare ; celles-ci se développent surtout à partir des années 1220-1230. A la fin du siècle, toutes les femmes de la moyenne et petite noblesse en bénéficient, et, au XIVe siècle, les femmes de roturiers. Le plus souvent, les femmes associent les armes de leur père avec celles de leur mari, mais elles usent également beaucoup, à la place, d'emblèmes para-héraldiques. Les ecclésiastiques jouissent rarement d'armoiries avant le milieu du XIIIe siècle, et il s'agit le plus souvent d'armes familiales. Les « bourgeois » et gens des métiers se dotent d'armoiries à partir du milieu du XIIIe siècle, mais elles prolifèrent surtout au siècle suivant et apparaissent essentiellement dans les régions de villes. Techniquement, les armoiries roturières n'ont aucune différence avec les armoiries nobles. Les armoiries des paysans, quant à elles, sont rares avant le XIVe siècle même si l'on en trouve dès le début du XIIIe. Elles sont présentes partout mais plus particulièrement dans certaines régions et ont des caractères spécifiques (notamment la fréquente absence d'écu, la surreprésentation des figures vegétales, le nombre important d'outils?). Enfin, en ce qui concerne les communautés civiles et religieuses, les villes se dotent très tôt d'armoiries (dès la fin du XIIe siècle), mais les armoiries de corps de métiers et de communautés religieuses sont rares avant le milieu du XIVe siècle. 
Toutes ces considérations sont, bien entendu, générales, et des nuances se dessinent suivant les régions. Ainsi, en Lorraine, il semblerait qu'il n'y ait jamais eu d'armoiries non nobles au Moyen Âge, ce qui est relativement exceptionnel. Nous l'avons vu, les armoiries paysannes sont moins courantes dans certaines régions et plus dans d'autres (la Normandie, par exemple, possède de nombreux sceaux de paysans armoriés), mais nous constatons que même les bourgeois des zones urbaines de l'actuelle Lorraine telles que le pays messin n'ont pas possédé d'armoiries durant cette période. Malgré cette constatation régionale, les armoiries, contrairement à une idée reçue encore tenace, n'ont jamais été réservées à la noblesse, et les quelques rares souverains à avoir essayé de le faire s'y sont à chaque fois cassé les dents. Au contraire préside au Moyen Âge le principe de libre adoption d'armoiries, à la seule condition de ne pas usurper celles d'autrui.

Quelques aspects techniques fondamentaux

 

Jusqu'à la fin du XIIe siècle, les armoiries sont marquées par une grande simplicité (elles sont souvent bichromes et animalières), avant de connaître une diversification à partir des années 1180-1190, époque à laquelle se forment également les règles et la langue du blason. Au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle, leur répertoire se stabilise pour être à peu près complet en 1300, en même temps que s'affirme définitivement leur caractère héréditaire. Les armoiries deviennent non seulement un signe de reconnaissance, comme elles l'étaient jusqu?à présent, mais aussi une marque de propriété. A partir du XIIIe siècle, l'héraldique connaît des phénomènes de mode, notamment celle des armes parlantes. Sont dites armes parlantes des armes qui représentent le nom de famille du possesseur, soit en en reprenant l'étymologie, soit, le plus souvent, en formant un jeu de mot en image, parfois même un rébus du nom. Les armes parlantes sont surtout courantes au sein de la bourgeoisie. D'autres fois, les armoiries rappellent le métier de leur possesseur, chez certains bourgeois et paysans. Chez ces derniers, les figures végétales et issues de l'outillage sont plus fréquentes que dans d'autres catégories sociales, mais on peut voir des broyes dans les armoiries de la prestigieuse famille de Joinville. Mais, en tout cas, il n'y a au Moyen Age pas de différence technique entre les armes nobles, ecclésiastiques et roturières, et, contrairement à ce que l'on dit parfois, des éléments tels que la fleur de lys ne sont pas réservés aux nobles de sang royal français. La fleur de lys est même très fréquente dans l'héraldique paysanne, répondant à un phénomène de mode.

            La forme de l'écu héraldique est bien entendu la même que celle de l'écu de combat, c'est-à-dire, à l'époque qui nous intéresse, un triangle isocèle dont les côtés sont légèrement arrondis. L'écu quasi-rectangulaire se finissant en accolade ne date que du XVIIIe siècle.

            L'héraldique possède un nombre limité de teintes, appelées émaux, et ce dans un souci de simplicité et de lisibilité. En effet, les teintes se doivent d'être tranchées, sans nuances. Les émaux sont divisés en trois groupes : les métaux, les couleurs proprement dites et les fourrures. L'interdit fondamental en héraldique concerne ces émaux : il ne faut pas superposer deux émaux de même catégorie. Est donc interdite la superposition de deux métaux, de deux couleurs, ou de deux fourrures. Les deux métaux sont l'or et l'argent, c'est-à-dire le jaune et le blanc (attention : il ne s'agit en aucun cas du doré et de l'argenté qui n'existent tout bonnement pas en héraldique, en tout cas jusqu'à une époque très récente. Sur l'image ci-dessous, l'argent est un peu grisé ; il ne faut pas en tenir compte.).

 

 


Les couleurs sont, quant à elles, au nombre de cinq. Il s'agit du gueules (rouge), sable (noir), azur (bleu), pourpre (violet à partir du XIVe siècle, mais une sorte de gris-brun parfois appelé bis au XIIIe) et sinople (vert). Ces deux dernières couleurs sont beaucoup plus rares que les trois premières, surtout au XIIIe   siècle. De plus, à cette époque, le mot « sinople » désignait encore la couleur rouge, conjointement avec le mot « gueules », et on utilisait à la place le mot « vert », encore employé de nos jours dans l'héraldique anglaise.


Enfin, les fourrures, héritées des fourrures qui recouvraient effectivement certaines parties de certains riches écus des origines, sont au nombre de deux : le vair (alternance d'argent et d'azur figurant celle des dos et ventres des écureuils « petits gris » utilisés pour réaliser la fourrure dans la réalité) et l'hermine (argent semé de mouchetures noires figurant la fourrure d'animaux du même nom semée des bouts noirs de leurs queues). En héraldique, ces deux fourrures peuvent connaître des déclinaisons dont quelques unes sont figurées ci-dessous.


   

          Le champ (couleur de fond) de l'écu peut ensuite être plain (uni, sans aucune surcharge), être surchargé de figures, ou subir des partitions, c'est-à-dire être divisé de différentes manières :


Le parti est de loin la partition la plus utilisée au XIIIe siècle, et ce généralement pour figurer les alliances familiales. L'écartelé (écu divisé en +) et l'écartelé en sautoir (écu divisé en x) existent aussi au XIIIe siècle, mais sont rares avant le siècle suivant. Quelques variantes :


Les partitions peuvent aussi être répétées ; c'est ce qu'on appelle les rebattements.

   
Le XIIIe siècle connaît aussi quelques partitions particulières comme l'échiqueté, le losangé (répétition de petits carrés alternés comme pour l'échiqueté, mais de biais) ou le fuselé (répétition de petits losanges alternés).


            Enfin, les figures placée dans le champ ou dans un quartier délimité par une partition peuvent être de deux types : ce peuvent être des pièces ou des meubles. Les pièces principales sont dites honorables.

   
Le tracé lui-même des pièces ou des partitions peut affecter des aménagements ornementaux :

   

Les meubles sont en nombre quasi infini ; ils peuvent être géométriques, végétaux, animaux... Au XIIIe siècle, cependant, le répertoire des meubles était assez limité ; ainsi, les animaux principalement représentés étaient l'aigle (prisé principalement par la noblesse) et le lion (le léopard héraldique est à considérer comme une variante du lion). Sur le territoire de l'actuelle Lorraine, les poissons (dits bars, barbeaux, brochets, truites ou saumons), généralement représentés adossés, sont plus courants qu'ailleurs, en raison de l'influence sur la mode régionale des armoiries du comté de Bar. Bien entendu, la représentation d'autres animaux, bien que beaucoup moins courante, est également possible.

   
Dans le règne végétal, les meubles les plus courants sont les fleurs de lys, roses, trèfles et quintefeuilles (la différence de représentation entre ces derniers et les roses est minime). A l'origine, les petites pièces géométriques étaient très répandues, elles le furent un peu moins par la suite. Il s'agit essentiellement du besant ou du tourteau (disque), du carreau (carré), de la billette (rectangle), du losange, des annelets, écussons, croisettes (petits +), flanquis (petits x), étoiles, molettes (étoiles percées), etc.

 

Pour en savoir plus :

 

Les illustrations proviennent du site http://www.chez.com/leherautdarmes/

 

PASTOUREAU, Michel, Traité d'héraldique, Paris, Grands manuels, Picard, 1ère édition : 1979, 2e édition : 1993, 3e édition : 1997, 4e édition : 2003, 407 p.-[8] p. de pl. en coul., ill.

 

VEYRIN-FORRER, Théodore, Précis d'héraldique, Paris, Larousse, 1951, édition revue et mise  à jour  par  Michel  POPOFF,  Paris,  Larousse,  coll.  « Comprendre  et  reconnaître »,  2004, 198 p., ill. et pl. en coul.

 

GALBREATH, Donald Lindsay, Manuel du blason, Lyon, Badiou-Amant, 1942 (réimpr. Lausanne, Spes, 1948), nouvelle édition revue, complétée et mise au point par Léon JéQUIER, Lausanne, Spes, 1977, 344 p. ill.

 

 

et sur internet :

 http://www.heraldique-europeenne.org/

 http://blasons.free.fr/heraldique/herald.html

Par Godefroy de Nancey - Publié dans : Vie culturelle - Communauté : Le Moyen Age
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Dimanche 23 avril 2006 7 23 /04 /Avr /2006 16:36

Le jeu a une importance capitale dans la plupart des sociétés humaines, que ce soit dans l'apprentissage des enfants, pour décharger les tensions entre éléments du corps social ou vivre des moments de convivialité. La société du Moyen Age ne fait pas exception à la règle.
Le texte qui suit divise les jeux en trois catégories : Jeux de réflexion, jeux de société et jeux physique. La présentation suivra le schéma suivant : description, règle du jeu et commentaire après tests.
A noter que la source principale pour cet article étant le livre des échecs, dés et tables d'Alphonse X, cet article ne traite pas rigoureusement de la période 1180-1220 mais plutôt de la seconde moitié du XIII ème siècle. Ce n'est bien entendu pas une liste exhaustive de jeux.

Les jeux de réflexion :

Le tric trac : Héritier de jeux antiques, le tric trac est l'ancêtre du backgammon. Il est très populaire au Moyen Âge. Le jeux nécessite un plateau de 24 cases, deux séries de 15 pions et 3 dés. Le but est de faire entrer puis sortir tout ses pions du plateau.
A tour de role chaque joueur lance les trois dés. il place ses pions sur les cases indiquée par les dés, il peut y avoir plusieurs pions sur une case. Le premier joueur commence par les cases 1 à 6, le second les cases 13 à 18 (2, 5 et 6 sur les dés par exemple donne donc cases 2 5 et 6 pour le premier joueur, et 14, 17 et 18 pour le second). Une fois tout les pions en jeu, on commence à les déplacer, par 1, 2 ou 3 en aditionnant ou en soustrayant le score des dés. Les pions seuls qui sont touchés , par ceux de l'autre joueur au passage ou à l'arret sont retirés du jeu, et doivent etre réintroduit en jeu avant qu'on ne puisse déplacer d'autres pions. Ceux qui sont par deux ou plus forment un mur où l'adversaire ne peut pas s'arrêter. Une fois que tout les pions d'un joueur se trouve à la fin de leur parcour (entre les cases 19 à 24 pour le premier joueur et 7 à 12 pour le second), il peut commencer à les faire sortir en considérant le résultat des dés comme pour faire entrer les pions. Celui qui fait sortir tous ses pions en premier est le vainqueur.
 

 

Le jeu de merelle : Le nom de ce jeu vient du latin merellus qui signifie pion. C'est un jeu qui nécessite un plateau aisément tracé à la craie sur le sol ou sur une table. Il nécessite également deux séries de 9 pions. Le but est d'aligner ses pions par trois et de voler ceux de son adversaire.
Le jeu se décompose en deux phases. Le premier joueur est tiré au sort, il place alors un pion sur l'une des intersections du plateau, puis le second joueur à sont tour et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de pions à placer. Lorsqu'un des joueurs parvient à aligner trois pions, il peut en voler un à son adversaire. Si un joueur n'a plus que deux pions il perd la partie.
Une fois tous les pions posés on entre dans la seconde phase de jeu où les joueurs font glisser leurs pions d'une intersection à l'autre, chacun à leur tour pour tenter à nouveau d'aligner trois pions et en voler un autre à leur adversaire. Les pions qui forment une ligne de trois que l'on appelle dans la version actuelle de ce jeu un « moulin » sont invulnérables, ils ne peuvent pas être pris par un joueur qui forme une ligne à son tour. On ne peut pas faire le même alignement deux fois de suite, il faut en avoir fait un ailleurs avant de recommencer.
Il existe de nombreuses variantes du jeu de merelles, qui est encore très vivace dans le nord de la France le long des frontières belges et luxembourgeoises, les règles que vous pourriez trouver ailleurs risque donc d'être légèrement différentes.
Pour y avoir jouer assez régulièrement je me permets de vous conseiller de jouer avec seulement 8 pions par joueurs, car si les joueurs ne font pas d'erreur, une partie avec 9 pions risque de s'éterniser.

Les Echecs : voir notre article sur ce même blog. Voici la variante à quatre joueurs présentée par Alphonse X, le schéma de mise en place est tiré du livre de F. Müllers, Les jeux au Moyen Âge.
Cette variante nécessite une paire de dés et de constituer 4 armées de 8 pièces chacune : 4 pions, 1 tour 1 cavalier 1 fou et 1 roi (la pièce de la dame fait parfaitement l'affaire, on peut donc y jouer avec un jeu d'échecs normal). Il faut ensuite convenir des déplacements des cavaliers, fous et tours (je vous conseille d'utiliser le déplacement médiéval mais libre à vous).
Chacun son tour, les joueurs lance deux dés. Ils choisissent le résultat de l'un d'eux et déplacent la pièce correspondante selon le tableau ci-dessous. Si un joueur obtient un double, il peut déplacer la pièce correspondante sans limite de distance. Si les dés n'indiquent que des pièces que le joueur ne possède plus, il doit passer son tour.
Nous n'avons pas encore eu l'occasion de tester ce jeu.

1 ou 5

Le roi ou un pion

2

La tour

3

Le cavalier

4 ou 6

Le fou

 

 

L'alquerque : C'est un jeu très ancien qui est apparu bien avant JC. Le but est d'éliminer tout les pions adverses. Le jeu Nécessite un plateau et 12 pions par joueurs.
Les pions sont placés comme sur le schéma (Les deux dernières lignes horizontales et deux sur la droite de la ligne centrale, rien au centre). Ils se déplacent d'une intersection à l'autre, et peuvent sauter par dessus les pions adverses pour les prendre et peut sauter plusieurs fois de suite. Les pions doivent prendre s'ils en ont la possibilité, s'il ne le fait pas l'adversaire peut lui prendre son pion
.

Le Hnefatlf  (Prononcez Knefataful/Knefatafulith) et Talbut : C'est un très ancien jeu scandinave, qui est importé en Europe occidentale aux alentours du X ème siècle et qui reste populaire avant le succès des échecs jusqu'au XI ème siècle. Le but est de capturer le roi si l'on est attaquant, et d'atteindre les coins du plateau (qui représentent d'autres forteresses) avec son roi ou de détruire l'armée adverse si l'on est défenseur. Ce sont les forces assiègées qui commencent à jouer.
L'attaquant dispose de 16 pions, et le défenseur de 9 dont un roi (les variantes à ce sujet sont inombrable). Le roi se trouve au centre du plateau qui représente son trône, le konakis. Les pions se déplacent tous d'autant de cases qu'ils le désire, à l'horizontale ou la verticale. Lorsqu'un pion est enfermé entre deux pions adverse (pas en diagonale) il est retiré du plateau. Si un pion se place volontairement entre deux pions adverses, il n'est pas pris. Pour prendre le roi il faut l'enfermer entre 4 pions, trois si le dernier coté est adossé au konakis. Si un pion noir est au contact d'un des coins, et qu'un pion blanc se place à coté de lui, il est considéré comme se trouvant entre deux pions blancs et par conséquent est retiré du plateau.

Les jeux de poursuite : Les jeux de poursuites seraient d'origines arabes, et se seraient répandus en europe par le biais de l'invasion de l'espagne. Nous vous présenterons ici le jeu de la poursuite du lièvre, mais ce n'est pas le seul qui existe au Moyen Âge, le jeu du renard et des oies par exemple est décrit par un auteur islandais au XIIème siècle.
Le lièvre doit "manger" les chasseurs, les chasseurs doivent empêcher le lièvre de se déplacer. Tous les pions se déplacent d'une intersection à l'autre, le lièvre peut sauter par dessus un chasseur pour le manger, mais ne peut faire qu'un seul saut à la fois. Si le Lièvre est coincé et ne peut plus jouer, il a perdu la partie, si il ne reste que 5 chasseurs, le lièvre l'emporte
.

 

Les dames : Le jeu de dames est apparu au sud de l'europe aux environs du XIème et du XIIIème siècle. Il est sensiblement différent du notre dont les règles ne seront fixées à partir de variantes anglaises et polonaises qu'au XVIIIème siècle. Le but du jeu est identique au notre, prendre ou d'immobiliser tous les pions adverses. Cette version a peut être été utilisée au Moyen Âge, ce n'est pas certain. Elle necessite un plateau de 8x8 cases et 16 pions de deux couleurs différente.
Les pions se déplacent d'une case en diagonale, en avant ou sur le coté, mais pas en arrière. Ils peuvent prendre les pions adverses en sautant par dessus et reprendre un pion si une case libre se trouve directement derrière et ainsi de suite. En aucun cas un joueur n'est obligé de prendre. Un pion qui arrive au bout du plateau se transforme en dame symbolisée par deux pions l'un sur l'autre, et peut alors se déplacer d'autant de cases qu'elle le souhaite, meme en arrière.

Le jeu de dames est apparu au sud de l'europe aux environs du XIème et du XIIIème siècle. Il est sensiblement différent du notre dont les règles ne seront fixées à partir de variantes anglaises et polonaises qu'au XVIIIème siècle. Le but du jeu est identique au notre, prendre ou d'immobiliser tous les pions adverses. Cette version a peut être été utilisée au Moyen Âge, ce n'est pas certain. Elle necessite un plateau de 8x8 cases et 16 pions de deux couleurs différente.Les pions se déplacent d'une case en diagonale, en avant ou sur le coté, mais pas en arrière. Ils peuvent prendre les pions adverses en sautant par dessus et reprendre un pion si une case libre se trouve directement derrière et ainsi de suite. En aucun cas un joueur n'est obligé de prendre. Un pion qui arrive au bout du plateau se transforme en dame symbolisée par deux pions l'un sur l'autre, et peut alors se déplacer d'autant de cases qu'elle le souhaite, meme en arrière. 

Les jeux de société :

Le roi qui jamais ne ment : Ce jeu est en quelque sorte l'ancêtre de notre « action ou vérité ».
Les participants commencent par élire un roi. Celui-ci est alors interrogé par les autres joueurs et doit répondre obligatoirement par la vérité aux questions qui lui sont posée.
Ce jeu ne présente à nos yeux pas grand intérêt, nous ne l'avons donc pas testé
.

Mourre : C'est un jeu très ancien, d'origine antique, qui privilégie l'intuition. Le but est de deviner le nombre de doigts que les autres joueurs cachent derrière leur dos.
Les joueurs se placent en cercle et cachent leurs mains derrière leur dos et choisissent de lever de 1 à 5 doigts. Après un signal convenu à l'avance, chacun montre combien de doigts il a choisi de garder levé, et annonce un chiffre qu'il pense se rapprocher le plus possible du nombre total des doigts tendus par ses adversaires.
C'est amusant, c'est convivial, les règles sont simples, cela ne monopolise pas beaucoup de temps, c'est plus médiéval que « shifumi », je vous encourage fortement à y jouer.
 
Colin maillard : Selon F. Müllers dans Les jeux au Moyen Âge, le nom de ce jeu vient d'une anecdote impliquant le chevalier Colin. Celui-ci se serait introduit avec quelques hommes dans une forteresse par une brèche dans la muraille. Un pan de la muraille se détache et provoque un énorme nuage de poussière et fait perdre son épée au chevalier, qui se met à la chercher à tâtons. En lieu et place d'épée, il trouve un maillard (outils qui sert aux sapeurs de muraille). Il frappe à l'aveuglette, et permet à ses hommes de s'extraire des gravas.
Rapide rappel des règles au cas où quelqu'un ne les connaîtrai pas encore. On bande les yeux d'un des joueurs et les autres le frôle et le taquine, jusqu'à ce qu'il arrive à en attraper un qu'il essaye d'identifier. S'il échoue, il doit à nouveau attraper un joueur, sil y parvient, ils échangent leur place.
A mon avis un peu démodé pour les adultes, c'est un jeu qui a le mérite d'occuper les enfants.

Les dés : Vous pouvez jouer à la raffle, de préférence avec des paris pour rendre la vie de camps médiéval plus réaliste (attention les jeux d'argents sont réglementés en France, pariez donc plutôt des morceaux de saucisses ou des verres d'hypocras).
Sachez aussi que Louis IX a voulu contrôler le métier de fabricant de dés, décier, mais nous nous eloignons de la période traitée.
Le principe de la raffle est simple, il tient uniquement à la chance
. Les joueurs lancent tous les dés chacun leur tour, celui qui obtient le total ou la tierce la plus élevé l'emporte.
On aime ou on n'aime pas, mais ça donne une touche de réalisme quand on y joue sur une table en bois à la lueur des chandelles avec des dés en os.

Qui ferry : Très simple et très sensuel, ce jeu consiste à deviner qui tend la main dans celle d'un joueur qui a les yeux bandés. Comme à Colin Maillard, si celui qui tend sa main et démasqué, il prend la place du joueur.

Cligne musette : C'est ainsi qu'est nommé notre actuel cache-cache. Il existe une fresque à Herculanum qui montre des enfants y jouant, ce qui prouve que c'est un jeu très ancien.  
La aussi pas grand interet pour les adultes mais cela occupe les enfants.

Les jeux physique :

La soule : Il existe plusieurs variantes de soule. Elle peut se jouer avec les mains, avec les pieds ou avec une crosse. Dans tout les cas, elle implique un ballon (cuir, tissus?) et deux équipes. On admet souvent que les parties très violentes de soule servaient d'exutoire aux tensions entre  communautés villageoises, hommes mariés et célibataires.
Tout les coups
ou presque sont permis pour prendre la balle au camps adverse.
Nous l'avons testé encore et encore. C'est très amusant, cela soude un groupe, mais c'est assez violent et il vaut mieux définir des règles précises entre joueurs pour éviter les mauvais coups. Il y a pourtant deux défauts principaux : cela demande de la place et que ce n'est pas toujours bien compris par les spectateurs.

Au plus près du couteau : C'est un jeu d'adresse qui se joue avec cinq palets ou pièces par joueurs une table et un couteau planté au bout. Le but est de lancer les palets au plus près du couteau sans toucher le couteau ni dépasser le bout de la table. Chacun lance ses palets à tour de rôle, quand les cinq sont lancés, celui qui possède le palet le plus proche du couteau gagne la partie.

Le franc du carreau : C'est un autre jeu d'adresse. Il faut lancer des palets au milieu d'un carré de 30cm par 30 placé à 3m des joueurs. Ceux qui ont réussi se départagent en relançant leur palet jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un seul.

Pour en savoir plus :

Les images provienent des sites http://www.carte-a-jouer.com/ et www.anno1476.de/.../ trictrac.html

Le livre des échecs, dés et  tables, Alphonse X

J. VERDON, Les loisirs au Moyen Âge, tallandier,1980, 1996, Paris.
F. MÜLLERS, Les jeux au Moyen Âge.
LANGLOIS, Le jeu du roi qui ne ment, dans Mélanges Chabaneau
p.163-173

http://www.festijeux.com/liste/listeA.html

Par Bertrand de Marseivilla - Publié dans : Vie quotidienne - Communauté : Le Moyen Age
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Mardi 18 avril 2006 2 18 /04 /Avr /2006 13:46

Apparu au nord de l'inde vers l'an 600, le jeu d'échecs s'est diffusé en Europe notamment via le contact arabo-musulmans/européens en Espagne. C'est un classique des jeux pratiqués au Moyen Age, mais celui que nous connaissons de nos jours est le fruit d'une longue évolution. Le nom latin du jeu d'échecs est scaci ou ludus scacorum, esches en ancien français. Le jeu médiéval est très différent du notre.

Les noms des pièces sont différents au Moyen Age. Tout d'abord parce que le français a évolué, deuxièmement parce que les concepts auxquels renvoyaient les pièces dans les versions indiennes persanes et arabes étaient différents (la dame était une tente ou un vizir, la tour un char, le fou un éléphant ...). Certains changent peu : Le roi se nommait le roy, le cavalier le chevalier, et le pion est appelé paon. D’autre au contraire change radicalement : La dame est dénommée  la vierge, la tour s'appelle le roc, et le fou est nommé l'aufin ou alphin.

Avant la fin du XVème siècle, le mouvement des pièces est bien différent de celui que nous connaissons. La vierge ne se déplace que d'une case en diagonale ce qui la rend bien plus faible que la toute puissante reine actuelle. L'aufin (fou) ne peut pas se déplacer de plus de deux cases en diagonale et peut sauter les autres pièces. Les pions quant à eux ne peuvent pas se déplacer de deux cases lors de leur premier mouvement.
Toutes les modifications qui ont mené à notre jeu moderne sont effectives dès le milieu du XVIIème siècle. Les subtilité telle le mouvement accru des pions au premier mouvement, la prise en passant ou le roque sont encore plus tardifs.

L’apparence des pièces varie aussi considérablement d'un siècle à l'autre. Les camps qui s'affrontent, sont rouge et blanc au Moyen Age. En effet les jeux orientaux voyaient s'affronter des noirs et des rouges, mais la symbolique des couleurs ne convenait pas à l'idéologie et à la symbolique chrétienne, qui remplaça d'abord les noirs par des blancs.
L’auphin était représenté par un évêque, le chevalier était constitué du cheval et de son cavalier, la tour elle, passe du char au soldat d’élite avant de prendre sa forme actuelle.

Enfin les parties ont une physionomie très différente des nôtres. Etant donné l'insignifiance de la dame qui n’est pas la pièce surpuissante que l’on connaît aujourd’hui,  et la faiblesse des fous dont l’aire d’effet nous paraît ridicule, les pions sont des pièces capitales qui bloquent les mouvements et les attaques. Du fait de ces faiblesses de pièces aujourd’hui très rapide, la durée des parties est considérablement accrue. La tour conserve toutefois son rôle de pièce très puissante et permet souvent de conclure les parties.

La Variante à quatre joueurs : Cette manière de jouer est présentée dans le Livres des jeux d’Alphonse X durant la seconde moitié du XIIIème siècle. Il n’est pas nécessaire de posséder 2 jeux d’échecs pour y jouer, Les dames feront simplement office de roi. Les pièces sont placées comme suit.

F C T R       P F
P P P P     P C
            P T
             P R
R P            
T P            
C P     P P P P
F P     R T C F
Chacun son tour, les joueurs lancent 2 dés. Ils en choisissent un et déplacent la pièce correspondante. S’ils obtiennent un double, ils déplacent la pièce indiquée de n’importe quel nombre de cases. Si la pièce indiquée n’est plus en jeu ou ne peut pas bouger, le joueur passe son tour.
On déplace un pion ou le roi sur 1 ou 5, la tour sur 2, le cavalier sur 3 et le fou sur 4 ou 6.

Les pièces du jeu dit de Charlemagne, auquel charlemagne ne peut pas avoir touché puisqu'il date de la fin du XIème siècle :


Les pièces du jeu de Lewis, fin XIIème siècle :

Pour en savoir plus :

http://www.iechecs.com/origine.htm#periode2
http://history.chess.free.fr
et merci à la federation française des Echecs qui m'a donné un bonne partie de ces informations. http://www.echecs.asso.fr/(aw205s554qzpzmrbfpanas45)/Default.aspx

Colleen Schafroth, L'art des Echecs, la Martinière, 2002
A. Capece, Le grand livre de l'histoire des échecs, de Vecchi, 2001
Pascal Reysset, Jean-Louis Cazaux, L'univers des Echecs, Bornemann, 2000
H.J.R. Murray, A History of Chess , 1913

Par Bertrand de Marseivilla - Publié dans : Vie culturelle - Communauté : Le Moyen Age
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Lundi 17 avril 2006 1 17 /04 /Avr /2006 13:20

Cette chronologie est loin d'être exhaustive, mais elle contient de nombreux faits marquant de la période. Elle est très largement inspirée du livre Chronologie du Moyen Age de Yves D. Papin paru aux editions Jean Paul Gisserot.

18 septembre 1179 : mort de Louis VII, avènement de Philippe II Auguste.
1180-1190 : Rédaction du Chevalier au lion de Chretien de Troyes.
1181 : Fin du pontificat de Alexandre III, début de celui de Lucius III.
1181-1226 : vie de saint François d'Assise.
1181 : Coalition des comtes de Champagne, de Bourgogne et de Flandre contre Philippe Auguste.
1182 : Les juifs sont expulsés de France.
1183 : Prise d'Alep par Saladin.
1183 : Paix de Constance ou Frédéric Barberousse reconnait la souveraineté des villes lombardes.
1185 : Premier pavage des rues de Paris.
1185 : Fin du pontificat de Lucius III, début de celui de Urbain III.
1187 : Fin du pontificat d'UrbainIII, début de celui de Grégoire VIII qui cesse dans l'année, début du pontificat de Clement III.
5 juillet 1187 : Bataille d'Hattin ou Saladin écrase les croisés.
2 octobre 1187 : Prise de Jerusalem par Saladin.
1187-1188 : Guerre entre Philippe Auguste et Henri II, paix de Gisors.
1189 : Avènement de Richard Coeur de Lion, mort d'Henri II.
1189 : Première fabrication de papier en France.
1189 : Saladin prend Kérak.
1189 à 1192 : Troisième croisade où se croisent Philippe Auguste, Frederic Barberousse et Richard Coeur de Lion.
10 juin 1190 : mort de Frederic Barberousse.
4 juillet 1190 : Départ de Philippe Auguste à la croisade.
1190 : Début du règne de Henri VI dans l'Empire.
1190 : Apparition de la boussole en europe.
1191 : Les croisés s'emparent de Chypre, St Jean d'Acre.
1191 : Retour des croisades de Philippe Auguste.
1191 : Fin du pontificat de Clément III, début de celui de Célestin III
14 aout 1193 : Philippe Auguste épouse Ingeburge de Danemark
5 novembre 1193 : Philippe Auguste répudie et fait enfermer sa femme.
1194 : L'empereur Henri VI de Hohenstauffen devient roi de Sicile.
1194 : Création du trésor des Chartres en France, les archives royales.
1195 : Le roi Alphonse VIII de Castille est vaincu par les Almohades à Alarcos.
1196 : Philippe Auguste se remarie avec Agnès de Méranie, le Pape l'excommunie et jette l'interdit sur le royaume de France.
1196 et 1197 : Grande famine en europe. Construction de chateau gaillard par Richard Coeur de Lion.
1196-1198 : Philippe Auguste fait rédiger les premières chartes d'hommage pour ses vassaux.
1197 : Mort de Henri VI, révoltes dans l'Empire.
1197 : Richard Coeur de Lion constitue une ligue féodale contre Philippe Auguste qui est vaincu en Flandre et en Normandie
1198 : Fondation de l'ordre des chevaliers teutoniques.
1198 : Debut du règne de Philippe de Souabe.
1198 : Fin du pontificat de Célestin III, début de celui d'Innocent III.
1199 : Mort de Richard Coeur de Lion, Avènement de jean sans Terre.
1200: Paix du Goulet entre Philippe Auguste et Jean sans Terre. Philippe Auguste se sépare d'Agnès de Meranie.
Aux environs de 1200 : Invention du Purgatoire.
1201 : Naissance de Thibaut IV comte de champagne, roi de Navarre et poète lyrique.
1202 : Philippe Auguste fait condamner Jean sans Terre, saisi ses fiefs et envahit la Normandie.
1202 : Foulques prêche la quatrième croisade.
1203 : Les venitiens grace au doge Dandolo détournent la croisade.
17 septembre 1203 : Prise et sac de Constantinople par les croisés.
12 avril 1204 : Seconde prise de Constantinople, création de l'Empire latin de Constantinople.
Mai 1204 : Prise de Chateau Gaillard par Philippe Auguste.
1204 : Réunion du Poitou au domaine royal. Construction du premier donjon du Louvre.
1205 : Conquête de la Touraine et de l'Anjou par le roi de France.
1205 : L'empereur latin de Constantinople est fait prisonnier par les Bulgares à Andrinoples.
1206 et 1207 : Saint Dominique de Guzman en prédication chez les albigeois. Saint François d'Assise se retire du monde.
Janvier 1208 : Pierre de Castelnau est assassiné, début de la croisade contre les albigeois.
1208 : Fin du règne de Philippe de Souabe.
1209 : Le Pape lance une croisade contre les Vaudois.
1209 : François d'Assise fonde l'ordre des frères mineurs.
1209 : Règne de Otton IV de Brunswick.
1211 : Jean sans Terre, Otton IV, les comtes de Flandre, de Hollande et de Boulogne forment une coalition contre Philippe Auguste.
1212 : Les princes de Castille d'Aragon et de Navarre battent les Almohades à Las Navas de Tolosa.
1212 :Croisade des enfants exterminée bien avant d'arriver à destination.
1213 : Défaite de Jean sans Terre à Muret qui se reconnait vassal du Pape.
1213 : Prise de Lille et réunion du comté d'Auvergne au royaume de France.
1213 : Retour de Ingeburge du Danemark à la cour.
27 juillet 1214 : Bataille de Bouvines, la Flandre devient française.
1215 : Signature de "la Grande Charte" en angleterre, ce qui limite les pouvoirs du roi.
1215 : Le 4ème concile de Latran déclare a suprematie du pouvoir spirituel et le droit d'intervention du Pape dans les etats.
1215 : Fondation de l'université de Paris.
1215 : Reprise de la guerre contre les albigeois.
1216 : Fin du Pontificat de Innocent III, début de celui d'Honorius III. Début du règne d'Henri III en Angleterre.
1217 : Simon de Montfort meurt au siège de Toulouse.
1217 à 1221 : Cinquième croisade qui se termine par le désastre de Mansourath.
1218 : Mort d'Otton IV de Brunswick
1220 : Début du règne de Frderic II de Hohentstauffen.

D'après Yves D. Papin, Chronologie du Moyen Age, Edition Jean Paul Gisserot, 2001

Pour en savoir plus :

En cours...

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